Journal de bord

#95 [Dossier] : Jeunesse naufragée

Mineurs naufragés : un devoir de protection 

Près du quart des rescapés secourus par l’Aquarius et l’Ocean Viking, les navires de SOS MEDITERRANEE, sont mineurs, dont la grande majorité voyagent seuls. Ce dossier a pour but de raconter leur histoire, sur la base de leurs propres témoignages.

Ils s’appellent James, Esther, Sélim, Souleyman, Yasmine, Magdi, Youssouf, Abdo, Hamid et Yussif. Avant d’être des « migrants », ce sont avant tout des adolescents avec des histoires singulières, souvent très difficiles : il faut voir en eux des êtres humains rendus vulnérables du fait de leur âge, de leur isolement et des dangers du périple qui les a menés sur la route migratoire maritime la plus mortelle au monde, en Méditerranée centrale.  

Les droits humains fondamentaux et les besoins essentiels de ces jeunes – particulièrement exposés à de multiples exactions durant leur trajet, leur séjour en Libye et la traversée de la Méditerranée – doivent être garantis en toute circonstance : le premier de ces droits est celui de vivre. Le devoir d’assistance à personne en danger de mort devrait s’imposer sans ambages à terre comme en mer : c’est pourquoi SOS MEDITERRANEE réclame depuis sa création en 2015 que des flottes navales européennes conséquentes soient mobilisées sans plus attendre pour secourir toutes ces embarcations de fortune perdues en haute mer. 

À défaut, des ONG comme SOS MEDITERRANEE continuent de porter assistance aux femmes, aux hommes et aux enfants qui fuient l’enfer libyen au péril de leur vie. La protection de tous les rescapés à bord des navires de SOS MEDITERRANEE demeure une priorité jusqu’au débarquement dans un port sûr, comme le prévoit le droit maritime international. Une attention particulière est portée à ces rescapés mineurs doublement vulnérables.

Outre sa mission de sauvetage et de protection des rescapés, l’association porte également une mission de témoignage tout aussi vitale. Ce dossier rassemble des extraits de dix témoignages de jeunes recueillis entre 2016 et 2020 qui permettent de mettre en lumière le drame qui se déroule en mer aux portes de l’Europe, dans l’indifférence quasi générale, et redonner un visage et une voix à cette jeunesse naufragée.

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