« On était perdu, et on a dérivé pendant des heures. » Abdoul-Rachid, rescapé secouru par l’Aquarius

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Dans le cadre de notre mission de témoignage, nous publions une seconde lecture de Paroles de rescapé.e.s, un travail réalisé par trois bénévoles marseillaises, tiré de l’ouvrage « Les Naufragés de l’enfer », de Marie Rajablat, infirmière embarquée à bord de l’Aquarius. Leur objectif : faire entendre la parole de jeunes rescapé.e.s à d’autres jeunes, dans le cadre de la sensibilisation scolaire. 

 

Témoignage recueilli le 15.11.2016 à bord de l’Aquarius

 

« Personne ne dormait, de peur de tomber à l’eau. »  

Dans une volonté de sensibiliser les plus jeunes aux enjeux des migrations en mer, des bénévoles de l’association ont tiré de courts extraits de leur performance artistique « Il y a des montagnes dans la mer », pour en faire des capsules pédagogiques à utiliser en ligne ou en présentiel. Ce témoignage, lu par Karine et mis en image par Brigitte, raconte l’histoire d’Abdoul-Rachid*, jeune homme de 18 ans, originaire du Sénégal.

Transcription complète de la lecture du témoignage d’Abdoul-Rachid

« Ils nous ont lancés en mer vers 23 heures, en nous disant que nous serions en Italie d’ici deux trois heures. Vers 1 heure du matin, on n’avait plus d’essence et plus de réseau téléphonique. On était perdus et on a dérivé pendant des heures. On était 120 dans le bateau et pour ne pas sombrer il fallait être en bonne entente entre nous… On n’avait que Dieu pour nous aider. Personne ne dormait de peur de tomber à l’eau… En fait, on croyait qu’on allait mourir… Y a eu plein de moments où j’ai regretté d’être parti de chez moi. La chaleur de ma famille me manquait beaucoupMais il fallait écarter ces pensées… Je suis convaincu que la force est au fin fond de tout être humain. C’est quelque chose comme ça qui lui fait tenir le coup. S’il ne l’a pas, il meurt … »

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Extrait de l’ouvrage Les naufragés de l’enfer, de Marie Rajablat

* Le prénom et la photo ne correspondent pas à la personne qui témoigne ici afin de préserver son anonymat.

Crédit photo : Hara Kaminara / SOS MEDITERRANEE

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