[REGARDS SUR LA MEDITERRANEE CENTRALE #27] Selon les rapports, environ une personne sur deux a été ramenée de force en Libye cette année dans un contexte de crise humanitaire persistante en mer.

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Cette publication de SOS MEDITERRANEE a pour but de faire le point sur les évènements qui se sont déroulés en Méditerranée centrale au cours des deux* dernières semaines. Il ne s’agit pas de livrer une revue exhaustive des faits, mais plutôt de fournir des informations sur l’actualité de la recherche et du sauvetage dans la zone où nous intervenons depuis 2016, sur la base de rapports publiés par différentes ONG et organisations internationales ainsi que par la presse internationale.

 

Des personnes secourues en mer par des navires humanitaires

Le 1er septembre, le Sea Eye 4 a secouru 29 personnes en détresse à bord d’une petite embarcation en bois, parmi lesquelles deux femmes enceintes et quatre bébés. Le 5 septembre, les autorités italiennes lui ont assigné Porto Empedocle, en Sicile, comme port sûr pour le débarquement des rescapé.e.s.

Le 7 septembre, le voilier Astral, de l’ONG Open Arms, a quitté le port de Syracuse, en Sicile, en direction de la Méditerranée centrale. Le lendemain, l’équipage a porté secours à plusieurs embarcations en détresse. Toutes les personnes qui se trouvaient à bord ont ensuite été secourues par les garde-côtes italiens. Le 9 septembre, l’Astral a pris la direction  du port espagnol de Bardalona pour des opérations de maintenance.

Le 10 septembre, le navire Geo Barents de Médecins Sans Frontières (MSF) a quitté  le port d’Augusta, en Sicile, en direction de la Méditerranée centrale. Le 12 septembre, le Centre italien de coordination des secours maritimes (MRCC) a signalé une embarcation en détresse dans la zone italienne de recherche et de sauvetage. Le Geo Barents est resté aux côtés  de l’embarcation en détresse jusqu’à l’achèvement du sauvetage par les garde-côtes italiens.

 

Près d’une personne sur deux ramenée de force en Libye cette année (OIM)

Le 7 septembre, les représentants italiens de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) révélaient que près d’une personne sur deux ayant quitté la Libye ont été interceptées en mer et ramenées en Libye en 2021, réaffirmant que ce pays n’était pas  un lieu sûr. Le 13 septembre, l’UNHCR Libye indiquait que 184 personnes avaient été ramenées vers le site de la raffinerie de pétrole de Zaouïa. Au total, 23 601 personnes ont été ramenées de force en Libye cette année.

Selon Reuters, des combats ont éclaté le 3 septembre à Tripoli entre forces armées rivales, les plus graves constatés dans la capitale libyenne depuis le cessez-le-feu signé en octobre 2020. Ces affrontements auraient été précédés par de violents combats le mois dernier dans la ville de Zaouïa.

Le 8 septembre, le Haut représentant de l’Union Européenne pour les affaires étrangères, Josep Borrell, s’est rendu à Tripoli pour réaffirmer le soutien de l’UE au cessez-le-feu et au processus électoral en Libye. Il a déclaré  : “avec la stabilisation de la situation en Libye, il devrait être possible de trouver de meilleures solutions, plus humaines et plus efficaces aux problèmes liés aux migrations. Les seuls qui tirent profit de l’instabilité dans ce contexte sont les groupes criminels et les trafiquants d’êtres humains, qui exploitent les personnes désespérées en les envoyant sur une route très dangereuse à travers la Méditerranée. Nous continuons à agir contre ces criminels. Nous travaillons également à renforcer les capacités en matière de gestion des frontières et nous agissons dans d’autres pays d’Afrique ».

 

Plusieurs sauvetages réalisés par les garde-côtes italiens et un naufrage au large de la Tunisie

Ces deux dernières semaines, plusieurs embarcations sont arrivées de façon autonome à Lampedusa.  La plupart des embarcations sont parvenues  séparément à quelques miles de Lampedusa avant d’être secourues par les garde-côtes italiens. Le 9 septembre,  deux embarcations en détresse, dont l’une était déjà en train de couler, ont elles aussi été secourues par les garde-côtes italiens. Le sauvetage s’est révélé complexe en raison des conditions météo et 125 personnes ont ensuite été ramenées en lieu sûr à Lampedusa.

Le même jour, la marine nationale tunisienne a retrouvé 22 personnes en détresse et deux corps sans vie à bord d’une embarcation au large de Sfax, et les a ramenés à terre.

 

SOS MEDITERRANEE et la Fédération Internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) pour leur première mission commune

Le 13 septembre, l’Ocean Viking a quitté le port de Marseille en direction de la Méditerranée centrale. Cette mission est la première menée en partenariat avec l’IFRC. L’équipe de l’IFRC fournira une assistance post-sauvetage comprenant notamment soins médicaux, soutien psychologique, activités de protection et fourniture de produits de première nécessité aux personnes secourues par l’équipe de SOS Méditerranée.

 

Crédit photo : Fabian Mondl / SOS MEDITERRANEE

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