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Focus Soudan : "C'est une question de liberté"

October 14, 2026

Témoignages de personnes rescapées du Soudan du Sud.

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Focus Soudan : "C'est une question de liberté"

October 14, 2026

Pays d'origine

Date de sauvetage

Âge

Témoignages de personnes rescapées du Soudan du Sud.

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Parmi les personnes secourues par les équipes de l’Ocean Viking, figurent des Soudanais du Sud qui ont survécu à de longs périples en quête de sécurité. Le Soudan du Sud continue de faire face à une grave crise humanitaire, marquée par des déplacements de population dus aux conflits et aux catastrophes naturelles. La guerre qui a éclaté au Soudan voisin en 2023 a entraîné de nouveaux déplacements de personnes qui avaient déjà fui le Soudan du Sud.

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Pour beaucoup, le périple s’est poursuivi du Soudan du Sud jusqu’à la Méditerranée. En 2026, les équipes de l’Ocean Viking ont secouru 19 Soudanais du Sud, dont Adam*, Sudan* et Ayman*. Leurs témoignages mettent en lumière les raisons de ces voyages, les réalités des déplacements répétés et leurs espoirs de sécurité.

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Le Soudan du Sud a accédé à l’indépendance en 2011. En décembre 2013, des combats ont éclaté entre les forces fidèles au président Salva Kiir et celles soutenant son ancien vice-président, Riek Machar. Ce conflit a été marqué par des violences généralisées et a provoqué le déplacement de millions de personnes. Pour ceux qui ont vécu ce conflit alors qu’ils étaient enfants, le déplacement est devenu une réalité quotidienne.

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Premier départ

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« Quand j’étais enfant à Juba, j’allais à l’école et je jouais au football. L’après-midi, je m’occupais du bétail, et le soir, nous jouions de la musique et dansions. C’était ma vie avant la guerre. J’avais 13 ans quand elle a commencé à nous toucher. Ma famille a dû quitter le Soudan du Sud, et nous avons marché pendant 15 jours pour rejoindre le Soudan » raconte Sudan, secouru par l’Ocean Viking en septembre 2026.

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Pour sa famille, le déplacement a été suivi d’autres pertes.

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« J’ai quitté le Soudan du Sud à cause de la guerre, mais la guerre n’a pas épargné ma famille. J’ai une sœur, et mes cinq frères ont tous été tués. Mes parents vivent désormais dans un camp au Soudan, près de la frontière avec le Soudan du Sud. »

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Pour Adam, le conflit a été aggravé par la séparation familiale et le manque d’accès à l’éducation et à l’aide. « Je n’avais personne pour s’occuper de moi. Je n’allais pas à l’école. C’est pour cela que j’ai quitté la maison, pour survivre. »

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Deuxième déplacement vers le Soudan

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Pour de nombreux Soudanais du Sud, le Soudan est devenu un lieu de refuge. Ayman était enfant lorsque sa famille s’y est enfuie en 2014. Il a passé neuf ans dans un camp de réfugiés, où la famille dépendait de l’aide humanitaire pour se nourrir.

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Mais en avril 2023, la guerre a éclaté au Soudan, provoquant un nouveau déplacement. « En 2023, la guerre a atteint le Soudan aussi » raconte Ayman. « Mes parents vieillissaient, ils étaient sans emploi et ne pouvaient plus subvenir aux besoins de nous quatre, leurs enfants. ». Il est parti pour la Libye, poursuivant ainsi un périple qui avait commencé par son départ de son pays d’origine.

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Un voyage en Libye

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En Libye, Ayman a passé trois ans à survivre grâce à des petits boulots occasionnels. « On gagnait environ 20 dinars par jour, mais le travail n’était jamais régulier. On pouvait trouver du travail un jour et rien le lendemain. » À un moment donné, n’ayant pas assez d’argent pour se rendre dans le nord, il a proposé de travailler pour un homme qui transportait des chèvres en échange d’un trajet.

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« Nous avons voyagé dans ce camion pendant cinq jours. Mon travail consistait à m'assurer que les chèvres restaient debout et ne s'allongeaient pas pendant le trajet. »

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Finalement, Ayman a tenté la traversée de la Méditerranée. « J'ai tenté la traversée à quatre reprises. La première tentative a échoué lorsque le canot pneumatique a pris l'eau et que nous avons dû faire demi-tour. »

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Traverser la Méditerranée en quête de sécurité

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Lors de la dernière tentative d’Ayman, le bateau s’est perdu après que les vagues se sont amplifiées et que le GPS a cessé de fonctionner correctement. « Les vagues sont devenues très hautes, et le GPS ne fonctionnait plus correctement. Nous nous sommes perdus. Nous avons passé deux nuits sur le bateau avant que vous ne nous secouriez. » Sudan se souvient également de la peur liée à la traversée et de l’incertitude quant à la suite des événements. « Je n’ai pas dit à ma mère que je partais par la mer. Je savais qu’elle pleurerait et me demanderait de ne pas partir. »

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« C’est une question de liberté »

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Les parcours d’Adam, d’Ayman et de Sudan montrent comment le déplacement peut devenir une succession de mouvements plutôt qu’un simple départ. Leurs espoirs pour l’avenir sont différents, mais tous partagent le même désir de stabilité et d’une vie au-delà du déplacement.

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Pour Ayman, cet avenir passe par l’éducation, le sport et la possibilité de subvenir aux besoins de sa famille. « Mon rêve pour l’avenir, c’est d’étudier, de jouer au basket et de subvenir aux besoins de ma famille. »

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Pour Adam, la priorité, c’est la liberté. « C’est une question de liberté. La liberté passe avant tout. » Il espère un jour retourner au Soudan du Sud et contribuer à son pays à travers la politique et la défense des droits de l’homme. « Bien sûr, j’aimerais y retourner [au Soudan du Sud]. Mais ce n’est pas pour tout de suite. Ça arrivera, par contre. »

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Crédits photos : Javier Alvarez / SOS MEDITERRANEE

Crédits vidéo : Ville Maali, Camille Martin Juan & Marie Tihon / SOS MEDITERRANEE

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